La deuxième semaine a été moins chargée. Romain est parti au Japon pour la semaine donc j’ai déjà moins traîné au Flying Pig. Par contre Nico sort toujours sa collègue qui est là pour encore quelques jours donc lundi soir on va bouffer Tepanyaki (pas sûr de l’orthographe). C’est très bien comme principe : on est tous assis autour des cuisiniers/serveurs devant une plaque chauffante géante et les types jettent plein de trucs dessus : crevettes, porc, choux, soja, huîtres, poisson… c’est très bon et pas trop lourd pour une fois. Mardi soir après une bonne grosse journée passé à coder des trucs passionnants je prends le train pour Taipei. J’ai rendez-vous avec Kunio et Tamichan, deux Japonais que j’avais rencontré au Canada. On m’a expliqué le principe des trains : toutes les demi-heures, les rapides mettent 1h, les lents environ 1h30. J’ai un billet pour un rapide, parfait, le problème c’est que je n’arrive évidemment pas à lire mon billet. Je sais bien à quelle heure part le train, mais je sais pas sur quelle plateforme. C’est l’heure où les étudiants sortent de cours. Manifestement ils avaient EPS parce qu’ils ont tous des joggings unis rouge, jaune ou bleu qui indique sans doute leur niveau (scolaire, pas sportif). Je cherche donc mon train au milieu d’un flot continue de Teletubbies qui ne parlent pas un mot d’anglais évidemment. Arrivé à la grande station de Taipei, c’est sympa de revoir les deux japs, Tamichan a bien grossi, Kunio toujours pareil : il repart le lendemain pour l’Island… « Aarrrrr, money is not a problem you know. » Très marrant de voir qu’ils s’en sortent très bien en parlant Japonais au taxis, dans les restaurants. C’est un peu les touristes français en Espagne en fait. Ils sont tout contents de me dire que les personnes âgées ici parlent souvent Japonais. Normal, le japon a occupé Taiwan pendant presque un 50 ans au début du siècle dernier et l’apprentissage du Japonais était obligatoire. Le retour se fait en train de banlieue, donc là on est en plein dans le cliché : train bondé d’étudiants/Salary-Men/Office-Lady, ceux qui sont assis dorment, les autres comme moi se cramponnent aux lanières suspendu au plafond. Le train se vide au fur et à mesure et en arrivant à Hsinchu, le terminus, je suis tout seul dans la rame avec un clochard (ou un type très mal habillé, j’ai pas vraiment vu de clochard ici mais comme les gens hésitent pas à sortir en pyjama pour faire les courses c’est difficile de savoir…).
Mercredi soir j’ai un repas offert par le Carlton, ça tombe bien j’ai bossé toute la journée et je dois me lever tôt le lendemain pour aller installer un truc à Taichung. Comme c’est mon premier déplacement en solo (enfin, avec un Taiwanais quand même) faut pas que je me plante. Donc on mange tous au Carlton. Au milieu du repas Fran, la femme de mon collègue, arrive à notre table avec une nana que j’ai jamais vu et me la présente : « C’est elle qui parle français et qui aimerait bien que tu lui parles français blablaba… ». Bon… Autant vous dire que là je pique un fard comme ça m’était pas arrivé depuis le CM2. En plus comme j’ai toujours pas de carte de visite je passe encore pour un con. Elle bosse pour Berlitz, blablabla. Je passe une nuit horrible : première fois que je suis malade mais là c’est la bonne. Le lendemain, on prends la voiture pour Taichung, heureusement Leo conduit et comme on est en avance il me propose qu’on s’arrête chez lui pour se poser un peu. Il est originaire de Taichung donc toute sa famille habite dans la même maison près du centre ville. Je croise donc la sœur « hello », la mère « ni hao ma ? », la grand-mère ( ?????). C’est intéressant, parce que Leo parle bien anglais (il a passé deux ans à étudier en Angleterre) et qu’il m’explique plein de trucs sur la famille Taiwanaise. Notamment qu’il s’est barré de Taichung pour échapper un peu à la pression familiale, vu qu’il est le seul fils. Donc même si je suis malade comme un chien c’est quand même une journée sympa, surtout que l’installation s’est bien passée. Le soir couché tôt, vendredi programmation, le vendredi soir aussi pour terminer un truc pour lundi et pas à avoir le faire pendant le Week-end. Samedi c’est nettement plus sympa : je vais me balader dans Hsinchu, il fait super beau et ça me donne l’occasion de tester mon nouvel APN. Je cherche vaguement un logement aussi. C’est sympa de chercher les temples dans la ville, je prends un plan et je vais jusqu’au parc où se trouve le temple de Confucius. C’est sans doute le plus beau. Le plus bizarre que j’ai trouvé se trouve à deux pas du Carlton : il est entièrement caché par des boutiques de bouffes, faut passer entre deux stands de nouilles pour trouver l’entrée. Je tombe sur pas mal de karaoke sauvages, c’est une vrai nuisance sonore au même titre que les scooters : les vieux se plantent en groupe sur une place ou dans un parc et chantent des chansons chinoises assis sur des chaises en plastique.
Dimanche je me fais embarqué par Jenny de l’agence immobilière qui m’emmène visiter des apparts un peu partout. C’est cool parce qu’elle parle anglais, un peu trop même donc je subis l’interrogatoire classique : « et tu fais quoi à Taiwan ? Et tu restes combien de temps ? Et t’es marié ? et t’as une copine ? » C’est sympa, flatteur et tout mais ça aide pas à trouver un appart. D’ailleurs j’ai rien trouvé. Pas grave, on s’occupe bien de moi au Carlton.